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Mario Licka : « J’aime la mentalité de Brest »

Mario Licka est connu comme un footballeur polyglotte. Milieu de terrain au Stade Brestois depuis trois ans, il a porté les maillots du Banik Ostrava (République Tchèque), de Livourne (Italie) ainsi que Southampton (Angleterre) dont il a gardé un superbe souvenir.

Mario Licka, quel souvenir gardez-vous de votre passage à Southampton ?

« J’ai beaucoup apprécié mon passage à Southampton, déjà, du coté personnel, c’était une belle expérience. C’est un monde à part quelque chose d’exceptionnel. C’est une grande différence avec les autres pays. Tout tourne autour du football, c’est vraiment le top. Tu n’as pas des supporters qui vont voir du football mais qui vont supporter ton club. A l’époque nous étions en championship (D2 anglaise) et je n’ai jamais eu, l’espace d’une seconde, l’impression de jouer dans une deuxième division. Au contraire même, on va dire que la seule différence, c’est que tu ne joues pas Chelsea ou Manchester. Les médias, les journalistes, les supporters, tout est identique là-bas que tu sois en D2 ou en D1. Il y a 25 ou 3000 personnes par match dans des stades magnifiques. Si un jour j’ai l’opportunité de retourner en Angleterre, je la saisirai. Je suis en fin de contrat cette année, on ne sait jamais de quoi l’avenir sera fait. »

 Southampton, c’était la destination parfaite après avoir quitté la République Tchèque ?

« Southampton est un grand club en Angleterre et pour un footballeur qui veut jouer au meilleur niveau, il faut le faire. Le top c’est la Premier League, la Liga aussi mais un championnat est en train d’émerger, c’est la Bundesliga avec des supporters nombreux, une grosse ambiance et des stades neufs. »

Est-ce que vous avez retrouvé un peu de cet esprit britannique à Brest ?

« Oui, Brest, c’est un petit club. Il venait juste de remonter en Ligue 1 après 19 ans passés en deuxième et troisième division. Les supporters appréciaient vraiment chacun des matchs et ça se ressentait. Ils adoraient juste nous voir, sans parler du foot. L’ambiance y est excellente. Tu peux jouer le maintien et tu es toujours encouragé, c’est ça qui est bien. Je suis heureux dans cette région. Je suis père de famille. Le paysage est magnifique, on prend la voiture dès qu’on peut pour aller au bord de la mer. A Southampton, il y avait aussi une très belle côte et on était qu’à deux heures de route de Londres.

A Livourne (Italie), vous n’avez pas eu beaucoup le temps d’apprécier le Calcio

« Si, d’ailleurs c’était un peu comme Brest. Il ont passé pas mal de temps en D2. Quand j’y ai joué, ils étaient en D1 et le stade était toujours plein mais les supporters étaient un peu fous. Un peu, beaucoup même. Ici, on est tranquille à Brest : les supporters nous supportent. L’an passé, ils sont venus nous encourager à l’entraînement quand ça allait mal. Si la dernière saison brestoise s’était déroulée en Italie, les joueurs auraient eu de très grosses difficultés. On aurait même pu avoir peur. « 

C’est marqué politiquement comme club Livourne en plus

« Oui et plus généralement en Italie, la politique se mêle au foot. À Livourne, on était les communistes et je me souviens quand on jouait la Lazio de Rome qui était considérée comme fasciste, c’était chaud puisqu’à Livourne, on était les communistes. Di Canio, le capitaine de la Lazio faisait le salut fasciste et mon capitaine de Livourne Lucarelli faisait le salut communiste. Les Italiens adorent le foot mais quand ça va bien, c’est merveilleux, par contre dès que ça tourne mal sur le terrain ça devient invivable. A quatre matchs de la fin, on était sauvé mais on perd 6-3 à Parme et 6-1 à domicile contre Sienne. Les supporters voulaient à tout prix rentrer dans les vestiaires et 4 ou 5 ont réussi et ils étaient là pour en découdre. »

Finalement, c’est un club britannique qu’il vous faut

« Oui, c’est vrai, dans tous les pays on trouve normal de siffler l’équipe quand ça va mal. En Angleterre ce n’est pas le cas. A Brest, on a la chance d’avoir une petite tribune incroyable avec tous les supporters derrière les buts en Route de Quimper qui chantent de la première à la dernière minute. J’aime beaucoup cette mentalité. «