Cyclisme français Cyclisme international Interviews

Hors délai, le coureur « youtubeur » Bas Tietema a tenu à terminer Paris Roubaix, la classique de ses rêves

Bas Tietema (27 ans) est redevenu pro cette année avec le team Belge Bingoal Pauwels Sauces WB. Le néerlandais n’est pas vraiment  connu en tant que coureur mais il l’est surtout en tant que vidéaste et Youtubeur avec plus de 130 000 abonnés. Il commente régulièrement le monde du cyclisme via des reportages décalés qui rafraîchissent une image un peu vieillissante dans les médias classiques. Son émission sur Youtube  » Le Tour de Tietema«  est désormais devenue célèbre à travers le monde et en peu de temps grâce à sa façon originale de rendre compte du cyclisme.

Pourtant, le Néerlandais avait été un bel espoir dans le cyclisme. Il avait même terminé 3ème de Paris Roubaix espoirs en 2014. Passé pro chez les Irlandais de An Post Chain Reaction mais malade, il n’avait pu faire une saison pleine. Il arrêta le cyclisme jusqu’à cette année où le team Bingoal lui a proposé un contrat. 

Hier, il a pris le départ de ce Paris Roubaix, la »classique de ses rêves ». Il a fini hors délai, à plus d’une heure et vingt minutes derrière son compatriote Dylan van Baarle. En larmes, il a tourné sur le Vélodrome André Pétrieux mais il peut dire enfin qu’il a terminé « son Paris-Roubaix ». 

Bas Titiema à Wielerflits: « Les douches étaient encore chaudes quand je suis arrivé

J’avais espéré un peu plus aujourd’hui. Au début, ça s’est plutôt bien passé. Mais au final, il ne me restait plus rien. Dans les trois premières heures et demie, nous roulions à un rythme sérieux, ce qui a rendu la tâche encore plus difficile par la suite. Je pense que je suis allé assez loin. Il y avait des gars autour de moi qui ont bâché, mais je voulais rouler le plus longtemps possible et ne pas poser mon vélo sur le toit de la voiture et rouler jusqu’à Roubaix comme ça. »

Seul à plus de 80 kilomètres de l’arrivée, devant la voiture balais

« Sur le chemin, je me suis arrêter une fois pour un train qui passait, ca a duré trois minutes. Mais il y avait plein de gens pour m’aider. Les policiers et le public sur le côté m’ont donné de l’eau et d’autres boissons. À un moment donné, j’ai réussi à m’en sortir. Je n’ai jamais pensé à arrêter, mais c’était vraiment l’enfer du Nord. »

A deux kilomètres de la fin, Tietema a commencé a craquer mentalement

« C’était un peu confus, j’aurais aimé faire mieux aujourd’hui, j’avais aussi le sentiment que j’aurais pu faire mieux. Quand on roule seul durant si longtemps, on a aussi le temps de réfléchir. Ça s’est concrétisé quand je suis entré dans le Vélodrome. Cétait difficile de parler avec tant  d’émotion. Normalement, je ne suis pas comme ça. Mais là, sur la ligne d’arrivée, c’est de l’authentique. »

Le sentiment qui domine maintenant ? La prise de conscience qu’il y a encore du travail à faire. D’un point de vue sportif, c’est le sentiment dominant. Puis quand je regarde d’où je viens… Je me dis que ça a été une belle trajectoire. »

C’est un peu la fin des classiques du printemps. Après cela, je vais continuer à m’entraîner et à envisager la deuxième partie de la saison. Nous devons voir ce qu’il faut pour que je fasse un pas de plus. Peut-être faire quelques courses par étapes. Où vais-je recommencer ? Aucune idée pour l’instant ! En tout cas pas sur la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne (rires) ».