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Matthieu Boulo : “Raccrocher? Tant que le plaisir est là, je n’y pense pas et mes objectifs restent les mêmes”

Cela fait une bonne quinzaine d’années que le Breton Matthieu Boulo (Team Pays de Dinan) pratique cet art que l’on nomme cyclo-cross. Le “mud bike” fait parti intégrante de son ADN, il l’a dans la peau. C’est son “way of life”, cet équilibre tout aussi important que l’air qu’il respire. Son sillon, dans ce monde de boue, il l’a tracé à travers différents pays du globe.

A 30 ans, le bonhomme n’est pas du genre à se la jouer “diva” à grand coups de selfies. Non, lui, Il s’exprime peu. Il préfère la baston aux belles photos. Mathieu Boulo est un passionné, un accroc et son nom fait parti du patrimoine cycliste des ces terres de Bretagne. Double champion de France espoirs, double vainqueur de manche de coupe du monde espoirs et vice champion du monde dans cette catégorie, il est devenu, dix ans plus tard, l’un des ambassadeurs de cet art. Il l’enseigne même aux plus jeunes lors de sessions d’entrainements. 

Matthieu Boulo reste toujours ce junior passionné. Les années n’ont pas émoussé le champion et ce plaisir intense quand il sillonne les sous-bois. Sa motivation reste intacte.

Raccrocher? Pourquoi? Le plaisir est toujours là, il le transpire à chaque fois. Il sera encore là pour 2020 et avec les mêmes ambitions. On vous l’a dit, le temps n’a pas d’emprise sur lui quand il chevauche sa monture.  Cette saison, il a ramené 6 bouquets à son jeune fils qui l’attend toujours à l’arrivée, histoire de lui montrer aussi que cette vie peut être belle quand la passion t’anime ! 

Photo par ALEXIA TINTINGER

 

Matthieu Boulo, tu retrouves de nouveau les sous bois et les victoires. Tu ne raccrocheras pas ton vélo, un soir, au fond du garage? 

Matthieu Boulo; “Si bien sûr. Ca arrivera bien un jour ou un soir de dimanche. Mais voilà, ce n’est pas encore le moment car je prends toujours un grand plaisir à le pratiquer. Tant que c’est là, je n’y pense pas. ”

Quels sont tes objectifs? 

“Les mêmes que les années précédentes, rien ne change. Le fil rouge de la saison reste la coupe de France et mon objectif est toujours le championnat de France qui aura lieu à Flamandville dans la Manche. Par ailleurs, j’irai aussi sur quelques manches de coupe du monde de cyclo-cross vers décembre pour m’y préparer.”

La boue, le terrain gras, leurs paradis (photo Cassandra Donne Photographies)

Avec des champions de cross comme Wout van Aert, Mathieu van der Poel ou Julian Alaphilippe qui font parler cette explosivité acquise grâce à cette discipline, plusieurs coursiers sur route reviennent au cycles cross l’hiver comme Romain Bardet qui vient de l’annoncer. Qu’en penses tu ? 

“Oui j’ai vu ça. C’est très bien pour le cyclo-cross. Ce sont des beaux ambassadeurs. Si cela peut nous amener d’autre public ce n’est que bénéfique et une très bonne chose pour notre vitrine. Je pense que les coursiers veulent retrouver leurs explosivités, leurs “jump” et d’être peu moins “diesel” dorénavant.”

Tu organises des sessions de cyclo-cross avec les plus jeunes. Quel concept leurs enseignes tu?

“Il n’y en n’a pas. Non, mais juste ce but tout simple; Garder cet esprit de jeu et surtout faire grandir ce plaisir tout en travaillant de façon ludique. Le plus important pour les jeunes c’est d’être heureux quand il pratique du cyclo-cross et qu’ils s’éclatent totalement. Le reste suivra.”

Transmette le savoir aux jeunes tout en gardant le plus important; le plaisir (PHOTO AMELIE LRC)