Photos Archive Mathilde L’AZou
23 h, je suis devant ma télé histoire de mater un bon film après une journée harassante. Bref, les pieds étalés sur le pouf du salon, un thé à la main (enfin, je pense!) Je décompresse en père peinard après avoir étreint les kids partis rejoindre leurs doux rêves. Soudain, un message retentit sur mon portable. Je le lis : « BIC 2000 s’arrête ». Alors je réponds dubitatif ; « Combien de bière as tu bu? » Lui me répond légèrement vexé « Que dalle, c’est sur leur facebook. »
Je lis effectivement leur « putain » de communiqué et je n’en crois pas mes yeux. Et oui, BIC 200O DN1 s’est éteint hier soir par un message laconique lâché dans la nuit noire. Il a crevé dans l’indifférence des bureaux d’élus (place au législatives !!), sur le rivage des réseaux sociaux. Son dernier souffle par un message de quelques lignes mettant fin à des dizaines d’années de travail, de sacrifices de la part des coureurs, des bénévoles et des familles. Le rire des enfants du cyclisme s’est éteint définitivement dans la Cité du Ponant !
Avec un froid me parcourant l’échine, je réalise que les coureurs l’apprennent de la même façon. Une gueule de bois et une claque me font revenir à cette réalité que le cyclisme Finistérien et Breton est vraiment à l’agonie comme la plupart des régions de notre France par ailleurs. On est en train de crever !!
Je relis leur message avec ces mots qui claquent « En effet, depuis 2 ans, nous devons faire face à une baisse conséquente de notre budget. La baisse régulière des subventions de l’Etat a entrainé une baisse de nos subventions municipales, départementales et régionales.
Nous allons également vers une suppression totale de l’aide du conseil départemental en 2017.
Compte-tenu de l’ensemble de ces éléments, le Conseil d’Administration s’est réuni le mercredi 7 Septembre à 18h00 et a décidé à l’unanimité d’abandonner toute labellisation pour 2017. »
En gros, les caisses de la Ville de Brest, du Finistère, de la Région Bretagne sont vides pour le cyclisme Breton, ils n’avaient qu’a faire de la voile dans la rade de la cité du Ponant après tout !! La crise est passée par là peut être, les guerres d’élus aussi sûrement au détriment de nos jeunes et de l’avenir du sport cycliste. Les photos des sourires de ces carnassiers de tout bord posant politiquement correct près du Champion de France sont déjà aux oubliettes comme un vulgaire « Kleenex ». Circulez y a rien à voir !
Question Trivial Poursuite: Il y a t-il un avenir sans jeunes? Un club qui crève, c’est bien sûr des jeunes en moins. Suis pas vraiment un mathématicien, ni encore moins dans les instances du cyclisme Breton, je n’ai pas la science infuse du cyclisme régional. Dans ma caboche, je sais juste que si pas de jeunes pour aller constituer un peloton d’une course, c’est la mort des courses à l’avenir et la phase terminale de ce cancer qui gangrène notre sport. CQFD !!!
Triviale Poursuite;A quand aussi un statut d’athlète de haut niveau en France? Quand pourra t-on reconnaître enfin ceux ci dans notre pays? Pour l’instant, ils ne sont pas protégés, pas payés, ni couverts et partent à l’usine le matin pour aller rejoindre leur sport le soir sans avoir l’assurance d’un avenir serein, pour eux et leurs clubs respectifs, contrairement à certains posant à leurs côtés en cas de victoires qui peuvent changer cet avenir sûrement. Par contre les charges qui leurs sont imposés sont toujours de plus en plus lourdes.

Le matin, je lisais que la FFC parle de la ville de Sarzeau pour construire un vélodrome. Génial, quelle bonne idée depuis le temps que la Bretagne le réclame! Juste encore une question de Trivial Poursuite: » A quoi sert un vélodrome sans clubs autour à l’avenir? Car sans coureurs pour y aller rouler, on aura l’air fin avec ce vélodrome vide sans jeunes dessus. Enfin, on invitera peut être des fédés étrangères qui tournent mieux. Nous, on ira boire un verre sur la mort du cyclisme Breton à grands coups de souvenirs, de larmes pour arroser notre amère bière !
La faute à qui? A des élus, certains membres de bureaux qui pensent d’abord à leurs avenirs personnels, professionnels et politiques? De la notre aussi? Peut être que nos sponsors voudraient qu’on les respecte un peu plus, qu’ils n’aient pas ce sentiment d’avoir l’honneur d’être sur notre maillot ou sur telles courses non diffusées par les médias mais plutôt le contraire, qu’on prenne conscience que ce soit nous qui avons cet honneur d’avoir leurs confiances et de ne jamais oublier de les remercier à chaque instant, mais c’est pas vraiment gagné non plus! La faute à qui?
ch’ais pas et a vrai dire, aujourd’hui je m’en fous, ch’uis triste. Ce que je vois, c’est l’état de notre cyclisme, agonisant sur le bord d’une route au passage d’une caravane d’ambitieux aux dents acérées. J’ai pensé plutôt à ces gamins les yeux embués par les rêves en se couchant hier soir, réveillés avec des larmes ce matin car ils ne joueront jamais dans la cour des élites plus tard si ils restent dans le Finistère, faute de clubs, de moyens, de subventions, de guerres intestines. Combien de coups dans la gueule devrons nous subir encore avant de réaliser et de nous enlever ce putain de déni qui nous aveugle? J’en ch’ais rien je donne ma langue au chagrin. Si vous savez vous, soufflez moi !