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Egan Bernal: « Je veux revenir. C’est ce que j’aime le plus. Je suis un coureur »

Egan Bernal (Ineos Grenadiers) veut revenir au plus haut niveau et il garde son optimisme pour atteindre ce but. Même si il sait que ça peut durer longtemps, il veut tout donner et encore plus pour redevenir ce champion.

Peu aurait pensé le retrouver là, un mois après son terrible accident qui a failli le tuer ou le rendre paraplégique (fracture du  fémur et de la rotule ainsi que 11 côtes et différentes parties de sa colonne vertébrale). Egan Bernal marche déjà à nouveau et tourne même les pédales sur un home trainer. 

Il a accordé sa première interview depuis cet accident au journal Colombien Semana

Egan Bernal; « Je veux revenir. C’est ce que j’aime le plus. Je suis un coureur, et je sens que si je n’étais pas sur un vélo, je ne saurais pas quoi faire. Je trouverais quelque chose, j’en suis sûr, mais je me sens comme un coureur, je me sens comme un athlète, et pour moi le vélo est mon style de vie.

Je veux récupérer aussi vite que possible. En ce moment, nous sommes dans une phase où j’essaie d’être autonome, de ne pas avoir besoin d’aide pour sortir du lit. Je veux d’abord me concentrer sur cela, sur les bases, et quand j’aurai retrouvé tous les mouvements de mon corps, alors je commencerai à me concentrer un peu plus sur l’aspect sportif, mais l’idée est de revenir à la compétition aussi vite que possible. »

Personne ne sait combien de temps Egan Bernal aura besoin pour retrouver son niveau

« J’ai la foi. Je ne sais pas pourquoi je crois que je peux le faire et pourquoi je crois que ça va être rapide. Les médecins me réprimandent quand je leur dis que ce sera rapide car personne ne sait si ce sera un an, dix ans, ou six mois, trois mois (…) Je ne sais pas si je vais arriver à retrouver le niveau pour gagner le Tour de France, parce que c’est déjà une chose difficile à faire sans tout ça déjà.

Je veux être la meilleure version d’Egan Bernal. Ce qu’Egan Bernal peut faire maintenant, évidemment, c’est travailler pour atteindre ce niveau. Et croyez-moi, c’est un travail difficile, et je le fais. A mesure que je retrouve du mouvement, je vais en faire encore plus. En fait, je crois que je suis la meilleure version de moi-même dans ces moments difficiles, c’est à dire lorsque je suis blessé ou quand je subis un revers. Je sens que je peux être extra concentré et c’est ce que je veux viser. »

 

 

Son surnom: Wolverine

La journaliste; « ‘Est ce vrai qu’on vous appelle Wolverine ? »

« Oui, un ancien entraîneur, il s’appelle Sergio Avellaneda, et puis comme j’ai fait beaucoup de chutes au cours de ma carrière sportive, à chaque fois que je suis tombé, par exemple, le médecin m’a dit qu’il fallait attendre six mois avant de pouvoir reprendre la compétition et au bout de trois semaines j’étais déjà de retour. C’est arrivé  trois fois et tout le monde me disait : « tu devrais t’appeler Wolverine car tu récupères très vite ». Imaginez, après chaque chute, c’est comme si je récupérais encore plus vite et de temps en temps, c’est un peu comme Wolverine, oui Wolverine. »

L’importance de la famille

« C’était très dur aussi pour les miens, mais ils ont toujours été très forts. Ils m’ont transmis cette force et, dans une certaine mesure, c’est un travail d’équipe et je crois vraiment que s’ils n’avaient pas été avec moi aux soins intensifs, m’accompagnant et m’aidant à faire les exercices et me donnant cette bonne énergie, je ne serais probablement pas en ce moment et à ce stade.

Ma famille, c’est tout. Depuis que je suis enfant, tout ce que je voulais, c’était que mes parents soient fiers de moi et que je sois un bon exemple pour mon petit frère. Je ne suis pas le meilleur exemple à suivre, ce sont des faits et il faut le dire (rires). Mais j’ai toujours voulu que mon petit frère soit lui aussi fier de moi. Qu’il me voie comme un exemple de bonnes choses à suivre. Je donnerai ma vie pour eux, pour ma famille, et c’est vraiment la chose la plus sacrée que j’ai.

Le fait que je puisse être en vie et partager avec eux, après tout ce que j’ai eu, est un plus. Après ce qui s’est passé, nous sommes plus unis que jamais. Je suis fier et très heureux d’avoir une famille aussi unie et belle. Je pense que nous donnons tous notre vie les uns pour les autres et cela me rend fier. »