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Marion Clignet : “Nous avons connu tous les obstacles, parfois les pires. Le meilleur est à venir désormais

Voir une femme sur un vélo c’est moche, voir une femme jouer au football c’est moche, voir une femme danser c’est beau! Ces paroles  sont celles de Marc Madiot sur le plateau de Jacques Chancel en 1987 envers Jeannie Longo avec le maillot de champion de France sur les épaules, celui des trois couleurs comme : Liberté, Fraternité et surtout Egalité (ce côté oublié par le cyclisme à cette époque), rajoutant au passage avec un sourire aux lèvres: “Vous (les coureuses) vous êtes moches” et avouant le triste sort destiné à ses soeurs si elles avaient osé enfourcher un vélo: “Si mes soeurs font du vélo, je les renierais”… “je suis contre le cyclisme féminin”.  Bref, une femme n’avait rien à foutre sur un vélo, ni encore moins sur un terrain de foot mais sur une piste de danse pour le champion du pays aux trois valeurs…

Mais le jeune Madiot (au brushing parfait) parlait hélas pour de nombreux autres coureurs,  eux aussi en cuissards moules burnes à faire pâlir d’envie les artistes de chez Michou  aux jambes épilées (le summum du “Mâle” à cette époque).

Oui, tout le monde riait à cette époque sur le cyclisme féminin, si peu considéré en France. Il a longtemps été pris au ridicule, snobé par les coureurs masculins et par l’ensemble des médias. La place de la femme était alors (selon les hommes) sur les pages centrales d’un PlayBoy (on n’avait pas internet à cette époque) ou alors à la maison à faire bouillir la marmite tout en torchant les gosses et n’oubliant pas de sourire à son mari revenant du bistrot.

Lors de cette scène incroyable sur le Tour de France 1987,  à peine 30 ans, personne n’avait vraiment réagi…. Nous étions à cette époque où le chanteur Renaud chantait  pourtant son titre “Miss Maggie” et ces paroles ” Car aucune femme sur la planète, N’s’ra jamais plus con que son frère, Ni plus fière ni plus malhonnête, A part peut-être, Madame Thatcher! Aucune femme au monde ne joue à celui qui pisse le plus loin“, un titre qui avait fait scandale dans un monde viril et masculin.

Heureusement pour l’avenir de l’humanité, les femmes se sont levées bien avant ce jour de 1987 et se sont battues pour se faire reconnaitre. Pour comprendre ce combat, il vous suffit de vous réveillez un matin dans un monde qui détermine votre avenir suivant de ce que le destin vous a filé à l’entrejambe, imaginez alors que l’homme soit un moins que rien aux yeux de certains ou juste bon à torcher le cul des gosses….

Et de ces combats lointains , depuis, elles sont devenues PDG (comme la directrice général de la Banque Arkea, Hélène Bernicot, partenaire du team Arkea Samsic), femmes politiques et ministres, haut gradés, grandes journalistes ou sportives, championnes du monde et Olympique. Nombreuses sont celles qui ont atteint ce que peu de “mâles” ont réalisé… Depuis des années, les femmes doivent se battre et bien au delà des records, elles le font pour un objectif des plus improbables aux yeux de certains hommes, elles se battent pour une reconnaissance ! 

 On a rencontré l’une d’elles en la personne de Marion Clignet, la franco-américaine. Son palmarès en ferait rêver ( et bander) plus d’un de ces messieurs en moules burnes lycra ; Sextuple championne du monde sur piste (3 en poursuite, 2 sur la course aux points, 2 par équipe (3 en  poursuite, 2 sur la course aux points, 1 par équipes), 2 fois médaillée d’argent aux Jeux Olympiques, 2 fois championne de France sur route, 6 titres de championne de France sur piste, championne de France du CLM Individuel, vice championne des USA, etc…

Marion Clignet est de ces celles qui se battent pour les femmes, pour leurs droits, pour leurs places dans le sport professionnel et dans le cyclisme et pour une place légitime dans ce monde au final. Elle, comme les autres, ont essuyé les moqueries des pseudos seigneurs de la route, le harcèlement de quelques autres en manque de reconnaissance ou tout simplement certain gérant mal une certaine incapacité physique. Elles se sont battues et se battent toujours bien plus que pour des titres et des victoires, elles le font tout simplement pour que tous soyons égaux, hommes et femmes, que tous soyons logés à la même enseigne et non à celui qui pisse le plus loin. 

Elle, Elisabeth Chevanne Brachet (championne du monde junior sur route en 1998 et coureure internationale) et Audrey Cordon-Ragot (Championne de France 2020) ont fondé l’AFCC (Association Française des Coureures Cyclistes) pour faire valoir les droits de ces guerrières devant l’ordre établi.  Mission loin d’être évidente quand on sait que le cyclisme féminin n’existe en France que pour donner bonne conscience à certaines équipes pros masculines face à l’UCI et au public qui réclame plus de courses féminines.  (A noter qu’une coureure sur trois ne touche pas de salaires dans les équipes “pros françaises”). Qui plus est, aucun syndicat ne protège les filles ;”Normales, elles se crêpent le chignon sans cesse. On va la bas juste pour mater” de ces propos entendues au départ d’une course féminine par des mâles aux lunettes de soleil bien accrochées à défaut d’autre chose. C’est vrai que chez les hommes tout le monde se tape amicalement et fraternellement dans le dos…

En France, on ne croit toujours pas au cyclisme féminin alors que les plus grans médias étrangers viennent de signer, dernièrement, une charte qui va donner un plus grand visuel à ces guerrières… Nous avons toujours un peloton de retard… Mais ASO se réveille et organise désormais des courses féminines qui seront toutes télévisées en 2021 dont le premier Paris Roubaix féminin et en 2022 le Tour de France  féminin avec 2 heures de direct par jour.

De plus, Marion Clignet à un autre combat et non des moindres. Elle se bat aussi contre la maladie, elle est épileptique…. Malgré ces crises qui vous déglingue l’esprit et vous déforme le corps,  qui arrivent à tout moment, risquant votre peau à chacune d’entre elles, elle est parvenue à devenir une grande championne, une championne du monde et médaillée Olympique . On en connait plus d’un mâle qui aurait raccroché le vélo pour aller pleurer dans les jupons de maman….  Alors n’allez pas lui faire la leçon que le sport n’est pas fait pour les femmes, qu’elles doivent rester à la maison à torcher les gosses en attendant Jules revenant du bistrot… Non, Marion, Elizabeht ou Audrey et le bureau avec Jennifer Letué, Sandrine Deligey, Sandrine Bideau, Gaelle Carreau, Typhaine Laurence, et Cedrine Kerbaol qui font toutes leurs possibles pour faire  avancer les choses, l’avenir des femmes et du cyclisme féminin tricolore.  

Marion, comment vivez vous  l’épilepsie en tant que femme et athlète de haut niveau ? 

Marion Clignet ; “Pff….Ca commence avec les yeux qui tournent vers la gauche suivi par un cri….Ca m’est arrivé une première fois en vélo, a 47km/h avec un groupe de copains. Je savais pourtant le matin là qu’une crise se préparait…C’est une sensation bizarre, comme si l’on faisait griller du popcorn dans ma tête… Mais je n’ai pas écouter ces alarmes et suis allé rouler quand même. Je me disais à l’époque que j’étais plus forte que l’épilepsie et que si je ne roulais pas, l’ une de mes adversaires irait elle et  serai plus forte que moi. Ce jour là, j’ai perdu une dent en mordant  le bitume, je me suis retrouvée la gueule en sang…..J’en ressort avec un trauma crânien ….”

Le médecin me demande si je veux courir et je lui répond : “qui a gagné? “

En compétition?

“Oui. Une fois,  je portais le maillot jaune sur le tour du Finistère et il y avait encore une dernière étape longue de 110km….Une course internationale, les Hollandaises, Allemandes, Anglaises, tout le monde était là. Je pars pour l’échauffement et ping! Ce petit signal me prends….Je commence à faire demi-tour pour prévenir mon équipe…..Et je me réveille un peu plus tard, debout sur la route sans vélo. Coco, ma équipière s’arrête et me demande ou est mon vélo et  qu’est-ce que je foutais là ? Toute les fils n’étaient pas connectés, je ne savais pas où était mon vélo. (Il avait continué à rouler seul et a fini par tomber dans des hautes herbes pendant que je faisais une crise dans les ronces et les orties).

C’était sur la dernière étape, et il y a donc eu un départ retardé. On devait voir si après avoir fait une crise, j’étais apte à prendre le départ. Le médecin me demande si je veux courir, je lui répond; “qui a gagné?”…Il me dit alors dubitatif;  “hmmm“… On attend quelques minutes de plus. Finalement on part, je suis un peu dans le cirage, mais je porte le maillot jaune qui me donne des ailes. Les filles me regarde, les jambes griffées par les ronces et orties, le visage un peu rouge pour avoir embraser ces plantes piquantes…L’étape part tranquillement, mes équipières veillent sur moi…Je ne sens pas de douleur, mes jambes sont comme neuves. Je reste tranquille dans le peloton en attendant…..Puis à quelques kilomètres de l’arrivée,  je surprends tout le monde en attaquant où elles me laissent filer ( j’en sais rien ), et je gagne.”

Un médecin m a expliqué plus tard que la crise a sûrement repoussé mon seuil de douleur et que les orties étaient bonnes pour la circulation. Je me suis alors posé la question si on devait sauter dans les orties avant une course (rires).”

Je voulais des plaques à induction, j’aurais pu trouver une autre façon de les avoir (rires)

Ses crises sont toujours présentes? 

“Oui. Pour une raison inconnue après des années tranquilles, les crises son revenues durant 11 mois en 2018. Un jour, en tombant j’ai défoncé la porte du four de ma cuisine avec ma tête.  Mon compagnon ma entendu crié et la scène qu’il m’a ensuite décrite (car je ne me souviens jamais de rien) n’était pas vraiment jolie….Du sang partout et la porte du four en mille morceaux avec pas mal de morceaux plantés dans ma tête.  Ce qui ma valu quelques points de sutures et un médecin m’a enlevé les morceaux de verre avec une pince. Je voulais des plaques à induction, j’aurais pu trouver une autre façon de les avoir (rires).

Ces petites anecdotes, j’en ai plein ….Puis ensuite faire du vélo mon métier, préparer les JO, en tant que femme et touchée par l’épilepsie, obligée de gérer un traitement lourd du coup….  Oui, c’était dur… Nous ne sommes déjà pas ‘légitimes’  les femmes dans le cyclisme car nous ne somme pas reconnues en tant que pros en France, on se démerde donc comme on peut.”

Comment une athlète de haut niveau se “démerde” t-elle en France alors? 

” Par des petits boulot, des contrats à droite et à gauche, on cherche nos sponsors, des primes, des aides, on gratte pour vivre notre passion. On s’entrainer dur, on planifie tout, on cherche des partenaires pour nous permettre juste de survivre. On court avec les garçons pour préparer les courses internationale avec l’équipe de France, on roule entre 500-700km/semaine….En France, nous ne sommes pas considérées comme pro.

Nous, les femmes, ne sommes plus obligées de subir

Pour ma part, j’avais  fais le choix de courir en toute catégorie. C’était, par exemple, une course à Callac, 90 km à bloc,  avec l’aller retour en vélo, 10 jours avant le Canadian Tire Grand Prix au Quebec au lieu de faire une course de 40 kilomètres avec les filles. Mais pour avoir fait ce choix, on m’avait alors viré de l’équipe du CLM par équipe en Bretagne. J’ai gagné quand même le Canadian Tire Grand Prix. Voilà un peu comme était traité le cyclisme féminin à une époque… C’est toujours aussi difficile.

A l’époque, nous n’étions pas spécialement suivies médicalement en tant que femme car les recherches n’avaient pas encore été faites sur les cycles menstruelles, l’entrainement, la nutrition. Aujourd’hui on sait que les cycles peuvent servir comme aide ergogénique mais il faut savoir comment les gérer, nous somme plus obligées de subir.”

Malgré tout ça, vous avez été 6 fois championne du monde, 2 médailles d’argent au JO, un record du monde sur le 3 km, 10 titres nationaux, des victoires à la pelle. Comment le cyclisme a débarqué dans votre vie? 

“Je suis née a Chicago de parents Français. J’ai grandi dans le banlieue de Chicago dans un quartier sympa a côté d’un grand “Park” ou il y avait des matchs de basket avec des teams qui affrontaient ceux de la NBA, où tu pouvais réserver un court de tennis en laissant ta raquette sur un panneau avec l’heure où tu voulais jouer…L’hiver, ils ouvraient les robinets pour inonder le park et en faire une patinoire…..Et on passait tous quelques mois à patiner..

Le médecin m’avais dit ‘’n’en parle a personne car c’est considéré comme tabou,  ne sort pas seule, ne fait pas de sport, et prends des médocs le restant de tes jours avec des effets secondaires pas top”

Vers l’âge de 15 ans, nous somme partis vivre dans le Maryland à coté de Washington. Je n’étais pas un élève assidue et je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire de ma vie. J’avais déjà fait pas mal de bêtises. Plus jeune j’étais passionnée par les chevaux, j’ai travaillé en tant que “lad “pour payer des concours hippiques. En termes de prépa physique, cette été là était comme aucun autre. 2 fois tous les 15 jours, les camions arrivaient avec 23 tonnes de bottes de pailles à décharger. Un garçon me les jetaient du camion, j’étais en hauteur et je devais les attraper avec des crochets pour les placer les uns sur les autres. A la fin de l’été je me rendais bien compte que malgré ma passion pour le milieu hippique, ce n’était pas mon monde et je me suis tournée vers autre chose….

J’ai donc joué au …. frisbee ! J’ai joué durant quelques années en ligue, un jeux qui s’appelle Ultimate. C’est un mélange de foot et basket mais avec un frisbee….Puis un jour à l’âge de 22 ans, je me réveille au sol d’un magasin sur un bitume dure. Heureusement pour moi le monsieur qui faisait la queue derrière moi a senti que quelque chose n’allait pas et il a accompagné ma chute pour éviter que je m’ouvre le crâne. Je ne me souviens de rien… Juste le réveil au sol et qu’on me demandait mon nom et adresse. Je savais que je connaissais les réponses mais je n’arrivais pas à les trouver. On m’a emmené a l’hôpital de Washington où ils ont exclu une tumeur mais conclu que j’avais l’épilepsie, comme ça sans explication ….Le médecin m’avais dit ‘’ ton permis est suspendu un an à partir d’aujourd’hui, n’en parle a personne car c’est considéré comme tabou,  ne sort pas seul, ne fait pas de sport, et prends des médocs le restant de tes jours avec des effets secondaire pas top et surtout on est pas sûr que ça va arrêter les crises !’ Je n’étais pas vraiment contente et encore moins que la doc ne me dise pas pourquoi, c’était elle la spécialiste après tout !”

Interdite de sport mais pourtant….

“Oui, je bossais dans une salle de sport à 30km de la maison, je suivais des cours à la fac mais je ne savais pas ce que je voulais faire même si ça commençait  à se diriger vers le sport. Quelques jours après une crise,  je me suis trouvée un vieux vélo sur la version américaine du “bon coin”. Un vélo de marque du “Nord de la France”,  de couleur verte et en acier, 42-52 en plateau et taille 56. Je mesure 1m70 donc un peu grande mais avec la selle baissée tout peut se faire. C’est comme ça que j’ai commencé à faire 60 kilomètres par jour pour faire l’aller-retour au boulot qu’il pleut, neige, vente ou autre…..j’ai adoré ça et le cyclisme est rentré dans ma vie..”

Et là, tout se déclenche et une arrivée en France? 

“Oui, je me suis entrainée avec l’équipe américaine de bobsleigh en musculation, plyo, endurance….. Puis je me fixais des challenges divers pour montrer que l’épilepsie n’allait pas me gagner. Je me servais de la maladie pour me pousser plus fort. Quelqu’un m’a alors persuadé de tenter les courses de vélo…J’était légèrement effrayée par l’idée de rouler en peloton par peur de provoquer une chute. Mais je le fait quand même et je deviens accro à cet art. Toxico des endorphines (rires).

4 ans plus tard, je gagne 3 médailles au Championnats des USA sur route, on gagne le CLM par équipe, je fini 3eme au CLM individuelle de 40km et je fais une échappée de 40km sur route avec Ruthie Mathis (championne du monde de xc en vtt) puis finis 2eme. Après les championnats, l’entraineur de l’équipe USA annonce l’équipe qui ira au JAPON pour les Championnats du monde. Mon nom n’y est pas….On me dit que l’épilepsie fait en sorte que je suis un risque pour l’équipe. Ayant couru avec des Francaises comme Bonnoront, Simmonet, Odin sur le Tour de l’Idaho (12 jours de course dans les rocheuses) elles me disent alors de venir courir chez elles en France, qu’il y a plein de courses l’été en Bretagne. Me voilà parti pour Calan, pays des crêpes pas loin de Lorient, l’équipe de Bretagne et des rencontres avec des gens passionnés comme Yann Dejan.”

Le team France? 

“Je fais quelques étapes de la Mi Aout Bretonne et je commence à apprendre tactiquement et techniquement ce qui me manque, ce que je dois travailler. Je cours avec les hommes en 3 puis en toute caté, je finis régulièrement dans les top 5 et 15 devant ces messieurs et je finis par en gagner une. Le DTN de l’époque me propose une place en équipe de France. Je rentre chercher mes affaires aux States et me voilà partie pour une nouvelle vie en France.”

Puis un jour, vous parlez entre vous les filles sur la création d’un syndicat pour vous défendre. L’idée de l’AFCC est née

“Oui, c’est ça. Nous sommes sur le Giro d’Italie. Je réunis les filles sur une étape pour parler de la création d’un syndicat féminin. Je commence à fatiguer de chercher mes sponsors, les moyens et surtout entendre les histoires d’autres filles qui sont encore plus dans le dur que moi. Dans le cyclisme féminin, les histoires d’abus il y en a mais l’omerta s’installe et plus personne n’en parle.

Le syndicat ne se fait pas car il y a un manque de soutien et de cohesion et tout le monde a peur pour sa place. Ca va prendre encore 19 ans avant qu’on crée une vraie association pour assurer une reconnaissance en tant que professionnel pour les femmes, fixer des prix de courses plus juste, un cahier des charges avec des salaires, au moins de bases à respecter, assurer que les filles puissent évoleur faire une carriere professionnelle.…”

Nous n’avons pas les mêmes problématiques sur certains points que les hommes

Le CPA Women (syndicat mondial féminin)

L’Association des Coureurs Professionnels ( CPA) inclus les femmes SHN dans leur statuts et durant 4 ans c’est Alessandra Cappellotto qui s’est débrouillée toute seule pour faire en sorte que les choses bougent pour les femmes.

En 2019, de retour dans le milieu je me relance avec Elisabeth Chevanne Brachet (ch du monde junior sur route en 1998), Audrey Cordon-Ragot (Championne de France 2000 et pro chez Trek Segafredo) et nous créons l’AFCC-Association Française des Coureures Cyclistes. Nous avons d’abord été aidé au démarrage par l’UNCP  mais nous sommes indépendants. Nous sommes affiliées au CPA et à la FNASS (Federation National des Associations et Syndicats Sportifs.)

Nous avons eu plusieurs réunions avec la Ministre des sport, Christian Prudhomme et David Lappartient

Au Championnat du Monde sur route à Imola en 2020, lors de la réunion du comité de directeur avec Alessandra, on ( les filles) demande que une section soit créé dans le CPA pour les femmes et c’est de là qu’est né le CPA WOMEN. Nous n’avons pas les
mêmes problématiques sur certains points que les hommes et nous avons besoin de traiter ces choses à part.

Cette année 2020 nous avons fait 12 000km de déplacements pour l’AFCC et le CPA women afin de parler au coureures, connaitre leurs besoins. Nous avons organisé des réunions sur l’application Zoom pour parler avec les managers des équipes féminines, pour savoir comment ils et elles vivaient le confinement puis avec les coureures pour savoir si on pouvaient apporter du soutien, les encourager, et au final  avec les organisateurs des courses féminines en France pour savoir comment le confinement aller les impacter.

Nous avons eu plusieurs réunions avec la Ministre des sports, Christian Prudhomme (ASO), La FFC, le président de l’UCI David Lappartien et son équipe. J’ai assisté à la commission médicale de l’UCI pour créer un Protocole covid pour le retour à la compétition.

On a connu le pire, le meilleur est à venir désormais

Nous avons aussi aidé des filles à porter plainte contre leurs agresseurs et s’assurer que ces derniers  ne pratiquent plus le rôle de manager. Nous avons, avec l’aide du juriste de la FNASS, relu des contrats des athlètes, aider à trouver des équipes…

Rien n’est figé et nous devons, nous les femmes, nous battre pour nos droits. Je me souviens en 1994 après mon premier titre mondial individuel en Poursuite (à Palerme), je me suis battu seule pour changer les primes de victoire. A l’époque les garçons titrés (ou pas) touchaient des primes suivant leurs résultats. Je prends l’exemple de Florian Rousseau qui était champion du Monde du Kilomètre. Il toucha alors une prime de 50 000 francs  pus 50 000 autres francs avec la ligue pros. Quand j’ai
ouvert mon enveloppe,  j’ai vu que j’avais reçue  15 000 francs…. Aucune fille ne voulait signer une pétition pour dénoncer cet écart pour le même titre. Pourquoi? par peur. Donc apres les mondiaux, j’ai rencontré la minsitre des sport de l’époque Mme Alliot Marie. J’ai expliquer la situation et depuis nous avons les mêmes primes de victoires.

Aujourd’hui, nous sommes sur le point avec la FFC de pouvoir attribuer, pour la première fois en France dans l’histoire du cyclisme féminin, des licences pros aux athlètes qui ont des contrat de travail en tant que cycliste. Nous, les anciennes coureures on trouve des partenaires pour nous épauler dans cette mission et c’est grâce aux partenariats avec le CIC et Mapei France qu’on fait tourner l’AFCC. On espère avec vous proposer une nouveauté en 2022 sur le plan international, on ne lâche rien….Quand on veut on peut, on a déjà mangé notre pain noir, on a déjà subi beaucoup d’obstacles, on a connu le pire, le meilleur est à venir désormais.”