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Cyprien Gilles : “Il me fallait faire des cross, je suis donc parti en Tchéquie, Pologne et Slovaquie”

Ces dernières années, le cyclo-cross était déjà mal en point dans le pays du premier champion du monde de la spécialité (Jean Robic) en France. Mais le covid-19 l’a placé dans un coma artificiel par les mesures sanitaires prises . 

Autant pour le cyclisme sur route, on était nombreux à gueuler pour tenter de sauver nos courses, autant pour le cross on était pas nombreux à tenter de le maintenir la tête hors de l’eau même à huis-clos. Devant , nos meilleurs crossmen  doivent désormais se débrouiller seuls pour se préparer dans l’attente d’une éventuelle coupe de France et d’un championnat de France. 

L’un d’eux aurait pu chialer sur son sort mais ce n’est pas le genre du bonhomme. Le Normand Cyprien Gilles (Team CX 34 pour le cross), 20 ans,  a pris son vélo par les cocottes et s’est lancé dans un road-trip à travers l’Europe avec son père pour pouvoir rouler et s’endurcir en vue des ses prochains objectifs. Donc, sur les conseils de son coach Mickael Leveau, il voila parti en direction de la Tchéquie, la Pologne et la Slovaquie.

On a voulu savoir le pourquoi de ce choix

Cyprien Gilles (Team CX 34) photo par GUIGUI PHOTOGRAPHIES)

 

Cyprien Gilles, pourquoi avoir choisi la Tchéquie pour faire du cross? 

Cyprien Gilles: “En France, c’est foutu. Les mesures sanitaires ont fait que toutes les courses ont été annulées. Je ne sais pas comment ni pourquoi personne n’a tenté de le faire en huis clos. Je pense que c’est tellement technocrate dans notre système que personne n’ose vraiment bouger. Il y d’abord l’état, la région, la préfecture, le département, le département, ca en fait du monde à décider avant qu’une autorisation puisse être délivrée au final. Pour ma part, il fallait que je m’entraîne et pas seulement dans mon jardin. Il me fallait des épreuves, du niveau. Donc je suis parti avec mon père. ”

Mais pourquoi pas la Belgique, les cross y sont autorisés aussi là bas?

“J’ai essayé de m’inscrire aux cross belges. Mais ils privilégient d’abord leurs crossman, je les comprends. Les places étant limitées, c’est presqu’impossible pour un Français de prendre le départ de l’un d’entre eux.”

Et tu es donc parti en Tchèquie

“Oui avec mon père et mon frère Armand qui me soutiennent énormément et sur les conseils de mon coach Mickaël Leveau, on a pris cette décision. Pour raisons professionnelles, mon  frère n’a pas pu nous accompagner. Mon père et moi  avons parcouru  1 600 kilomètres et on est arrivé. Nous sommes en trip mud pour deux semaines . Demain, je prendrai le départ du cross de Rymarov, il y aura des points UCI à prendre. Puis je partirai en Pologne et en Slovaquie.  ”

Mon objectif le plus important : le championnat de France espoirs

Qui vous soutient financièrement?

“Personne. J’ai travaillé tout l’été et donc je me suis mis de l’argent de côté. Je ne savais pas encore que ce serait pour ça mais ça m’aide. Ensuite ma famille qui me soutient énormément. Mais pour l’équipement c’est grâce au team CX 34 dont je fais parti. Heureusement que j’ai tout ce monde à mes côtés. ”

Cyprien Gilles (PHOTO par MAELY RELET PHOTOGRAPHIES)

 

Justement, quels sont tes objectifs sur ces différents cross

” Me préparer pour mon objectif le plus important : le championnat de France espoirs à Pontchateau. Il est ma priorité. Ensuite, l’équipe de France et la Coupe de France. Je ne sais pas si le coupe de France se poursuivra, tout est incertain mais je pense que le championnat sera là et je compte bien être prêt pour ce jour précis. Je suis ici pour prendre des points UCI et continuer ma formation. Je veux vraiment aller au bout de l’aventure du cross.

Et si la coupe de France est annulé ou le championnat, j’ai un “plan B” : l’Espagne. Mon team CX 34 est basé à côté de la frontière à Montpelier qui plus est. ”

La boue j’adore ça

Pourquoi avoir choisi le cross?

“Pour l’aventure justement, c’est ça le cross. Quand j’étais tout jeune, j’allais voir mon frère courir sur route. Mon frère et mon père, ce sont eux qui m’ont donné envie d’enfourcher un vélo. J’ai d’abord arpenter les routes puis j’ai découvert les sous-bois. Dans le cross, ça change tout le temps, aucun cross n’est identique. Même une épreuve sur un circuit bien précis n’est jamais le même l’année suivante. Parfois, il peut faire beau toute la semaine, tu t’entraines alors sur ce circuit et la nuit avant le jour J, il pleut et tu ne le reconnais plus. Et en plus, la boue j’adore ça ! C’est court et long en même temps, explosif, surprenant ”

Un crossman qui t’a t-il influencé en particulier ?

“Francis Mourey. Il était toujours parmi les meilleur durant sa longue carrière. C’est un vrai combattant, il ne lâchait rien.  Il a fait aussi une belle carrière sur route. Oui Françis Mourey j’aime bien le champion”

Photo en tête par YOHAN CHEVILLARD