Cyclisme international

Giancarlo Brocci ; “Organiser un championnat du monde de Gravel en Toscane, revenir aux racines et fondamentaux de notre cyclisme

Il y a quelques semaines, le président de l’UCI David Lappartient, a suggéré d’organiser un championnat du monde de “Gravel”. L’UCI veut désormais s’investir dans cette nouvelle forme de cyclisme. Mais le “Gravel ” est synonyme de liberté et d’absence de contraintes, de celles que l’on retrouve justement sur la route, la piste et le VTT. 

Pour cela, un Italien, Mr Giancarlo Brocci s’est proposé d’aider l’UCI tout en gardant les racines et croyances fondamentales du cyclisme et en restant  du sport robotique moderne. Il est aussi l’un des créateurs et l’organisateur de l’Eroic.  C’est ce qu’il a déclaré à Cyclingnews.

Giancarlo Brocci Cyclingnews) ; “Nous aimerions beaucoup organiser un championnat du monde de gravel, je ne vois pas de meilleur endroit pour cela qu’ici en Toscane, sur nos routes de gravier de la strade bianche qui ont inspiré l’événement original de l’Eroica”,

“Nous avons créé quelque chose de spécial avec L’Eroica et avec nos événements dans le monde entier, donc je pense que l’Eroica peut aussi aider les courses de gravel. Nous avons fait nos preuves dans l’organisation d’événements et je pense que nous pourrions organiser un grand championnat du monde et un grand événement”.

L’Eroica  a vu le jour en 1997 pour retrouver les émotions du cyclisme héroïque de Fausto Coppi et Gino Bartali, lorsque les courses utilisaient souvent des chemins de terre . La série des “Eroica” comprend maintenant des événements dans le monde entier et a été copiée à de nombreuses reprises. Les participants doivent utiliser des vélos construits avant 1987 et équipés de pédales traditionnelles, mais ces dernières années, d’autres événements modernes Eroica ont été ajoutés au calendrier. Fin avril, la Nova Eroica a couvert un grand nombre d’épreuves inspirées de la même Strade bianche, des routes toscanes ou routes blanches, mais sur des vélos modernes.

Giancarlo Brocci  a rendu visite à David Lappartient au siège de l’UCI à Aigle, en Suisse, pour présenter ses idées.

“Il y a trois grandes bannières à l’entrée des bureaux de l’UCI : route, piste et VTT. Je lui ai dit que nous devions en créer une autre.

Certaines personnes l’appellent gravel, je préfère l’appeler Eroico (Héroïque) parce que pour moi, il s’agit de revenir aux racines et aux croyances fondamentales du cyclisme et de s’éloigner du sport robotique moderne qui s’est développé. Je ne regarde pas en arrière, je veux aider le sport à aller de l’avant.

La pratique du vélo hors route, loin de la circulation et immergé dans la nature, s’est développée rapidement ces dernières années pour toute une série de raisons. C’est peut-être devenu une mode et un moyen de vendre plus de vélos pour certains, mais c’est authentique et vraiment agréable. C’est ce qu’est vraiment le vélo”.

Une nouvelle forme de cyclisme

M. Brocci espère que les courses de “gravel” pourront respecter ces valeurs et inspirer les gens. Il souhaite que les courses soient “héroïques”, peut-être en parcourant jusqu’à 300 km et en commençant la nuit. Toute forme d’assistance mécanique en course serait interdite, les compteurs électriques et les ordinateurs seraient interdits, et la lutte contre le dopage serait très stricte et toute forme de tricherie découragée pour assurer la crédibilité des événements.

Toute forme d’assistance mécanique en course serait interdite, les compteurs électriques et les ordinateurs seraient interdits

 

M. Brocci souhaite introduire un pourcentage minimum de graisse corporelle pour dissuader les coureurs de suivre des régimes alimentaires extrêmes et malsains et de calculer constamment le rapport force/poids. La consommation d’alcool avec modération est encouragée plutôt qu’interdite, afin que les meilleurs coureurs, les champions pros,  puissent rencontrer tous les autres participants. Les meilleurs coureurs seraient considérés comme des modèles et des amis, plutôt que comme des stars insaisissables, qui se cachent dans des hôtels et des bus d’équipe.

“Je ne veux pas changer le modèle actuel du cyclisme professionnel qui est contrôlé par des intérêts commerciaux, des sponsors et des détenteurs de droits. Ils peuvent garder leur version du cyclisme et nous verrons où cela les mènera

Je veux créer une nouvelle forme de cyclisme qui ravive notre amour pour ce sport, implique tout le monde et célèbre la beauté, la fatigue et l’authenticité du cyclisme”.