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Ran Margaliot; “Israël Cycling Academy a été chercher le team des Côtes d’Armor”

Elle n’a que 3 ans d’existence au sein du peloton pro, elle a débuté en continental mais elle s’est rapidement faîte une solide expérience comme le prouve sa participation sur le Giro d’Italia cette année. Le Team pro-conti (depuis 2 ans) Israël Cycling Academy s’est offert quelques beaux succès cette saison comme des victoires sur la Famene Ardenne Classic avec le Canadien Guillaume Boivin, celle d’A travers le Hageland avec le Letton Krists Neilands, la Great War Remembrance Race de l’Estonien Mikhel Raim, le tour d’Autriche remporté par le Belge Ben Hermans et le Tour de Castille enlevé par l’Espagnol Ruben Plaza. “Not too bad” comme dirait l’autre…

Au final, le team crée et dirigé par Ran Margaliot se classe tout de même au 7ème au rang mondial sur le classement UCI conti  pro après seulement 3 saisons. Sans déclarations tonitruantes à la presse, elle s’est faite une place, un nom, un savoir-faire et elle est devenue plus qu’un simple team de développement. Elle a, désormais, de grands objectifs à atteindre dans le futur. 

Israël Cycling Academy, c’est l’histoire de ces gars venus des 4 coins du globe, coureurs  et membres du staff, issus de tous les horizons, de différentes cultures (15 nationalités au sein de l’équipe) mais avec cette même passion pour un art de vivre qui n’a pas de frontières, que l’on nomme cyclisme. 

Stuart Balfour et Owen James des Côtes D’Armor Marie Morin Véranda Rideau (Photo Alicia Nouvel Photographie)

Dernièrement, ils ont même choisi une équipe amateur Française basée en Bretagne,près de Saint Brieuc, pour devenir leur équipe réserve avec Côtes d’Armor Marie Morin Véranda Rideau , loin de Tel Aviv et de Jérusalem mais pourtant si proche par cet amour  commun du cyclisme, par cette “putain” d’envie de découvrir d’autres cultures, d’apprendre pour gagner tous ensemble.

Et pour cela, ils ont créé un fait unique dans le monde du cyclisme pro car ce sont eux qui ont été frappé à la porte des Bretons pour devenir leur partenaire dans cette grande aventure.  Une belle reconnaissance venue de l’étranger pour cette équipe de formation Française qui a formé tant de champions tricolores partis rejoindre les grandes équipes et dont quelques uns ont oublié très vite d’où ils venaient justement, de par cette base. Ce savoir faire est, désormais, salué par ces équipes venues hors de nos frontières…

Ran Margaliot a expliqué à Be Celt les raisons de ce choix 

 Ran Margaliot; “Nous avons choisi de nous associer aux Côtes d’Armor Marie Morin Véranda Rideau pour répondre à notre besoin de renforcer notre structure de développement des jeunes talents.

Il faut souligner cette réalité que notre équipe a une histoire et un parcours très différents de ceux de toute autre équipe des rangs pro et peut-être même du monde. Nous sommes nés en en 2015 et nous sommes très vite devenus une petite équipe de développement,  avec pour mission claire de développer les jeunes talents du futur. Et nous sommes devenus une équipe UCI Pro-Continental de haute performance, axée sur la victoire sur les courses UCI.

Notre valeur fondamentale est d’être une équipe axée sur le dépistage et le développement des jeunes talents

Au cours de ce processus, nous avons un peu «sacrifié» notre mission de base que sont la formation et le développement et c’est quelque chose pour lequel nous estimons de la plus haute importance. Nous devions trouver une solution.Car notre valeur fondamentale est d’être une équipe axée sur le dépistage et le développement des jeunes talents comme je vous l’ai dit.

Il nous manquait un élément clé du puzzle:

Nous sommes une véritable école de cyclisme, avec de nombreux programmes pour les jeunes en Israël et nous avons même une équipe de moins de 23 ans, mais il nous manquait un élément clé du puzzle:
Une structure européenne qui nous permettrait de tester sérieusement les futurs coureurs (Israéliens et non Israéliens),  cette dernière étape avant de devenir des professionnels. Nous examinions plusieurs options avec soins.

Alexis Renard des Côtes d’Armor Marie Morin Véranda Rideau (Photo Olivia Nieto)

Les Côtes d’Armor ont projet solide, porté par des valeurs et une véritable infrastructure pour développer les jeunes talents

La relation avec les Côtes d’Armor est née grâce à notre directeur sportif  Français, Lionel Marie, qui nous a recommandé vivement leur structure. Nous avons aimé tout ce que nous avons entendu car ils ont projet solide, porté par des valeurs et une véritable infrastructure pour développer les jeunes talents:
Un belle structure d’entraînement en Bretagne, un directeur sportif expérimenté (Mickaël Leveau) et très professionnel, un “team house”, des camps d’entraînement, des coach et divers entraînements comme derrière scooter, un nutritionniste, un kinésiologue ….

Nous avons vu une belle équipe de développement qui traite les coureurs très sérieusement et nous avons reconnu le potentiel. C’était important pour nous que l’équipe soit sérieuse et dispose de connaissances éprouvées sur lesquelles nous pouvons compter.

Les équipes de développement sont celles qui poursuivent les équipes professionnelles, mais dans notre cas, c’est l’inverse. Nous avons été les chercher

Après plusieurs discussions avec Benoit Douchain (le président de l’équipe) Thierry Pechel, nous  étions heureux qu’ils nous aient trouvé de l’intérêt. Normalement, c’est l’inverse car les équipes de développement sont celles qui poursuivent les équipes professionnelles, mais dans notre cas, c’est l’inverse. Nous avons été les chercher

Nous avons reconnu le potentiel de développement des jeunes talents en Bretagne grâce à la structure des Côtes d’Armor et nous sommes heureux de cet intérêt mutuel.

Stuart Balfour sur le dernier Grand Pix de Plouay amateur (Photo Alexia Tintinger)

Vous avez choisi la France et la Bretagne en particulier pour votre réserve. Que pensez vous de notre cyclisme tricolore et de nos courses? 

Le cyclisme français est aujourd’hui à la tête de la lutte contre le dopage et c’est donc un environnement parfait pour élever et éduquer les jeunes talents aux bonnes valeurs.

Je pense que les courses Françaises sont évidemment difficiles et variables, mais en même temps, elles constituent également un environnement parfait pour développer les jeunes talents. Elles ont des profils différents avec  des terrains variables, elles sont agressives. De plus, l’opportunité d’apprendre des tactiques de course dans des situations réelles sont uniques en France.
Je pense aussi que le cyclisme français est aujourd’hui à la tête de la lutte contre le dopage et que c’est donc un environnement parfait pour élever et éduquer les jeunes talents aux bonnes valeurs.

Il y aura donc bien des jeunes issus des Côtes d’Armor, non Israëlien, à passer pro au sein de votre structure?

Nous nous sommes fixés pour objectif, avec la direction des Côtes d’Armor, de signer un ou d’autres avant la fin de 2019 pour l’équipe Pro et je ne parle pas des coureurs israéliens!

Il est important pour nous de donner les mêmes chances à tous les coureurs des Côtes d’Armor et ils commenceront déjà à s’entraîner avec nous en décembre prochain lors du premier camp de l’année en Espagne.; Donc, oui pour répondre à votre question.

Vous avez participé à votre premier Grand Tour cette saison sur le Giro. Le Tour de France, vous y pensez? 

Nos ambitions sont bien sûr de faire le Tour de France. De manière réaliste, il serait probablement très difficile pour nous de recevoir une invitation Wild Card pour 2019 mais notre objectif est de le faire en 2020.

L’année prochaine, nos principaux objectifs seront: le Giro d’Italia, le Tour de Californie Amgen et le nouveau Tour d’Israël. En attendant 2020