Behind The Lens : Gus Sev

Behind The Lens : Gus Sev

À ses heures perdues, Gurvan Sévenou sillonne les routes bretonnes pour dénicher une course et y figer les instants les plus marquants. À 20 ans, celui qui effectue une prépa en physique-chimie a fait de la photographie un moyen d’évasion, une façon de se vider la tête. Un détail, un regard : rien n’échappe à l’enfant de Sizun qui, de son mètre 90, surplombe la horde de photographe installée après la ligne d’arrivée au moment de l’emballement final. Rencontre.

Peux-tu te présenter en quelques mots..

Pour commencer, je ne m’appelle pas Gus mais bien Gurvan. Je suis un ancien coureur qui a stoppé sa « carrière » pour se consacrer à ses études, une classe préparatoire en physique-chimie. Je n’ai donc pas une vie palpitante !

Quand et comment la photo est-elle arrivée dans ta vie ?

J’ai toujours été attiré par les « belles » photos que ce soit dans le vélo ou ailleurs. J’ai commencé à traîner sur les bords des routes il y a maintenant un peu plus de 2 ans. À mon entrée en prépa, ça me permettait de rester dans le monde du vélo mais surtout de sortir la tête des cahiers.

Quelle est ta définition de photographe ?

Je pense qu’être photographe ce n’est pas juste prendre une photo toutes les secondes sans aucune réflexion. Pour moi la photographie c’est un art à part entière, il y a une vraie phase d’observation et de réflexion avant de prendre la photo, même si dans le cyclisme l’instant est très bref. L’étape de post-prod également où l’objectif est de mettre en valeur l’objet de la photo. Selon moi, c’est ce qui fait la différence entre un photographe et une personne munie d’un appareil photo.

Y a-t-il des photographes qui t’inspirent ?

Déjà je vénère tous les photographes qui utilisaient la pellicule et les appareils où le mode automatique ou semi-manuel n’existaient pas. Ça me coûterai cher en pellicules en sortant d’une Sportbreizh où j’ai tiré 3000 photos en 3 jours…

Dans le monde du vélo je dirai Thomas Maheux ou Mathilde L’Azou pour ne citer qu’eux. J’aime beaucoup le travail d’Ellis Russ (@cyclingimages), le photographe du Team Sky. Et un petite découverte depuis quelques jours, Simon Gill (@simongillphoto), ses premières photos du Tour sont juste énormes. Mais j’en oublie, je regarde beaucoup de choses. Et hors vélo, l’Instagram de Josh Perrett (@josh.perrett), c’est juste une tuerie, je vous laisser jeter un coup d’oeil.

Quels sont les détails ou les caractéristiques sur lesquels tu t’arrêtes quand tu shootes ?

Les détails, c’est ce que je recherche, je prends tout ce qui passe même si la plupart du temps la photo finie à la poubelle. C’est le prix à payer pour en être satisfait d’une  d’entre elle. Une autre chose, c’est faire passer l’émotion quelle qu’elle soit, pendant la course, le coureur mais aussi le spectateur, ou après la ligne avec les habituelles embrassades et larmes. Je suis aussi avide des paysages traversés par les coureurs (en fait c’est un peu tout sauf le coureur).

As-tu un souvenir particulier d’une course que tu souhaiterais partager ?

 

Je vais en donner deux. Le premier, ce serait ma toute première fois en tant que photographe à moto sur le KBE 2016. C’était vraiment une expérience intense, j’ai passé deux superbes journées (grand merci à Jean Jacques au passage). Et le second : La Sportbreizh 2017. Une course que j’ai pu suivre en intégralité et même avant qu’elle ne commence au sein de l’organisation. J’ai découvert un autre côté du vélo, que l’on oublie trop à mon goût. Un moment particulier qui m’a marqué c’est le départ de la Pointe du Raz. Il y avait seulement les coureurs, une voiture commissaire, la moto-info et la moto presse. Se situer juste devant les coureurs pour quitter le bout de la Pointe c’était un moment privilégié.

 

Oh et le pire c’est d’avoir fait tomber mon disque dur avec toutes les photos de l’année dernière et les cyclo-cross dessus, je ne m’en suis toujours pas remis.

 

À travers tes photos reviennent souvent les regards, c’est là qu’on capte le mieux l’émotion ?

 

C’est vrai que lorsque j’ai le temps en post-prod, je m’attarde sur les yeux. Tu prends deux yeux et c’est suffisant pour faire passer le message, le reste peut être superficiel.

 

Tu as fais du vélo pendant un petit moment. Aujourd’hui tu préfères être derrière le guidon ou derrière l’objectif ?

 

Pour être franc, ça fait un moment que je n’ai pas touché à mon vélo donc je ne sais plus vraiment ce que ça fait (rires). Et il ne faut pas croire mais photographe, croyez-moi, c’est du sport !

 

Retrouvez le travail du Gus Sev sur Facebook et Instagram.

Ma toute première photo d’arrivée au Folgoët.
Ronde des Vallées Junior 2016. Les mariés allaient à leur réception avec un passage obligatoire sur le circuit. Stoppé à l’intersection parce que la voiture de tête venait de passer, je me suis dit : « Je le fais, je ne le fais pas..? ». Et puis finalement, c’était une occasion unique alors en vitesse, je leur ai expliqué ce que je voulais faire et ils ont accepté. La photo est née.
Championnat d’Europe de cyclo-cross à Pontchâteau.
La preuve, juste les yeux. C’est sans doute la photo dont je suis le plus fier. Elle transmet un quelque chose que je ne pourrai même pas expliquer.
C’est pour ces moments là que l’on fait du vélo, suit le cyclisme, et qu’on est photographe. Ici, Tony Périou et Raphaël Guilerm, deux potes, aux France de cyclo-cross à Lanarvily.
La Bretagne et le vélo réunis.
Moment surréaliste lors du Tour du Finistère 2017. Je remontais le peloton, les coéquipiers de Dumoulin me voient prendre des photo et là, des cris partout, jusqu’au moment où Samuel me voit ! Quel fou rire !
Tour de Bretagne 2017. Cette photo, c’est juste parce que j’ai tourné 50 fois et demandé mon chemin à 20 personnes avant de trouver ce petit pont. Au final une belle rencontre de 10 minutes avec des riverains.
Trophée Centre Morbihan 2017. Une photo qui reflète bien l’effort solitaire.
Cette photo suffit à elle-même.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Pointe du Raz, j’en parlais juste au dessus.

Propos recueillis par Camille Le Saux

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