Mon vélo est une vie. Le 17 juin, partageons la route !

Mon vélo est une vie. Le 17 juin, partageons la route !

Comme chaque midi, la famille est réunie autour de la table. On n’attend que l’un d’entre nous. Sa chaise  est vide mais il devrait rentrer dans les minutes qui suivent.  Le temps s’écoule mais il ne rentre toujours pas… Le repas commence à refroidir. Qu’importe, on ne commence pas sans lui.

Puis, soudain  le cri du téléphone nous  hurle l’horrible nouvelle. Il ne rentrera pas ce midi, il ne rentrera jamais. En me retournant pour ravaler ma tristesse et ma colère, je regarde ce siège vide qui prend soudainement toute la place de la maison. Putain oui j’ai la rage contre ce jour d’été où tu es parti  te promener sur cette route au détour d’un virage car dans nos coeurs c’est devenu l’hiver à jamais.  En regardant mon fils, j’appréhende désormais le jour où il me dira qu’il veut, lui aussi,  être coureur cycliste. Comment puis je avoir peur de cette envie, par cette passion que je lui ai transmise ? Comment en est on arrivé là ?

 

 

On a un perdu un frère, un père, un pote et  l’un des nôtres. Et sur cette « putain » de liste noire qui ne cesse de grandir chaque jour depuis quelques années, même la Grande Faucheuse est épuisée par tant de funestes labeurs et voudrait demander grâce. Car elle ne fait aucune différence, elle arrache des champions de le p’tite reine, des adeptes, des jeunes et des moins jeunes, des enfants et des parents au simple quidam parti chercher son pain en vélo avant de rejoindre les siens.

 

Quelques uns d’entre nous , médiatiquement plus connus que la moyenne, tirent alors la sonnette d’alarme.  Ils veulent alerter  les autorités sur notre sort, livré à la roulette russe, sur ces routes qui normalement se partagent mais qui sont devenus hélas nos « chemins des dames »  détruisant au passage des vies et des familles entières.  On a beau gueuler sur les réseaux sociaux, les inondant de nos paroles éphémères mais nos élus ne nous entendent pas (peut être que le vote des automobilistes pèse son poids dans les urnes, loin de toute prise de conscience ! ). Ou alors faut il que notre Gégé national nous revienne en nous lançant son éternel  « MOBILISEZ VOUS »  à travers cette lucarne médiatique  pour faire bouger les choses ?

 

 

Certains d’entre nous ont alors décidé d’agir en provoquant des rassemblements à travers la France le 17 juin prochain. A Paris avec l’association  » Mon vélo est une vie » mais aussi à Brest, tous seront sur la route pour alerter l’opinion publique. Car il ne s’agit pas seulement que du sort des coureurs. Non, cela concerne tout le monde, de ceux qui courent le dimanche à ceux qui se déplacent au travail en vélo en passant par nos enfants partis revivre l’aventure des légendes sur les routes du quartier. Au delà des opinions, il s’agit de notre avenir à tous, de 7 à 77 ans. C’est une question de survie, de vie et  de mort….

 

Le jeune Mael Lamour, une semaine après son accident, réalise qu’il y a échappé de peu. (photo: Gus Sev)

 

Eric Berthou, pourquoi organiser ce rassemblement du samedi 17 juin prochain, au port de plaisance à Brest ?

Eric Berthou; Pour sensibiliser l’opinion publique surtout. A Paris, Niels Brouzes et son association « Mon vélo est une vie » organisent un grand rassemblement. Ce qu’il fait est vraiment bien et du coup, on doit tous relayer le message je pense. Partout en France et notamment par ici où le cyclisme est très pratiqué. Dernièrement, des jeunes de chez nous comme Mael Lamour ou Antoine Benoist ont faillit y rester. Il faut que l’on soit solidaire tous ensemble pour partager et diffuser le message. Le cycliste est en danger permanent quand il part rouler.  Il nous faut cohabiter sur cette route qui se partage. Aux voitures d’en prendre conscience mais aussi aux usager du vélo de faire attention. Il nous faut cohabiter et trouver tous ensemble des solutions.

 

Mon vélo est une vie

 

De plus, le problème ne concerne pas que les coursiers à l’entraînement mais aussi de plus d’usagers du vélo et notamment le vélo électrique. Le nombre de personne qui utilise ce nouveau moyen de locomotion ne cesse de croître. Les coursiers sont habitués à rouler sur les routes, à sentir le danger arriver et pourtant la liste de coureurs percutés par des véhicules s’allonge. Alors, imaginez celui qui a moins d’expérience sur sa bicyclette… Ils sont de plus en plus nombreux et par conséquent si on ne bouge pas pour sensibiliser l’opinion publique, cette liste s’allonger hélas encore plus.  »

Au Pays-Bas, le pays aux millions de vélos, il y pourtant beaucoup moins d’accidents que d’autres pays Européens. Pensez vous que l’on doit prendre exemple sur les Néerlandais?

Eric Berthou;  » Oui, c’est vrai que les Pays-Bas sont un modèle pour la cohabitation entre les automobilistes et les cyclistes mais je pense que c’est aussi une question de culture et d’éducation. En France, on ne comprend pas encore que la route se partage via différents moyens de locomotions. Aujourd’hui il est nécessaire de déclencher une prise de conscience, chez les cyclistes et les automobilistes afin que la route se partage et devienne un environnement que l’on puisse appréhender sereinement. L’impatience et l’irrespect mutuel justifie t’il de mettre en danger une vie?

 

SAMEDI 17 JUIN. RENDEZ SUR LE PARKING DE L’ADONNANTE (près d’Océanopolis) à Brest à 10h00. Ensuite le peloton se dirigera vers la place de la Liberté en faisant un détour par le centre ville.  Pour plus d’infos,rendez vous sur le facebook événement de  » Mon vélo est une vie, le 17 juin partageons la route »  ou sur celui de  » Mon vélo est une vie «  pour ceux qui veulent se rendre à Paris. 

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