Camille Le Saux, le « tout petit » parmi les grands !

Camille Le Saux, le « tout petit » parmi les grands !

Un soir de décembre 2015, un gamin de 16 ans nous contacte pour rejoindre la rédaction de Be Celt.  Pour intégrer notre équipe de quadras bien sonnés, légèrement barrés et un peu « vieux cons » mais pas trop, quoique.. On se dit alors: « Viens avec nous sur les cyclo-cross et on verra ce que tu sais faire. »  On lui demande quand même, histoire de nous rassurer:  » Tu as déjà fait des photos ? » Il nous répond cash: « Oui, de surf avec ma GoPro! » On se regarde dubitatif. Nous voilà informer. 

Ce petit jeune se nomme Camille Le Saux.  Un gamin qui allait se faire son premier « Mud Trip » comme si il partait chercher son premier spot de surf, sac sur le dos, appareil photo en main et il ne nous a pas déçu pour son premier coup. Il nous ramena de beaux clichés, des regards de champions captés au détour d’une souffrance, d’une joie, ceux d’un instant « T » d’une vie de coureur. Il avait capté l’essence même de ce « je ne sais quoi ».  Mais ce sont aussi et surtout des interviews, conçues par un jeune talent de 16 ans qui marche à grand coup de passion. Avec ses yeux émerveillés tel un enfant devant son arbre de Noël. Et c’est ça qui nous a plu de suite en lui. Il savait trouver les mots justes pour parler de sa passion, vu par ce p’tit bonhomme de 16 ans. La baston, il n’en a pas peur, même devant certains qui se prennent pour des cadors. Il n’hésita pas à rester planter droit sur ses bottes quand un journaliste local tentait de le déloger à coup d’épaule alors qu’il réalisait son interview. « Peur de rien ni de personne ».  C’est ça Camille Le Saux, un passionné d’aventures, de rencontres, d’histoires qui font les légendes, de ces hommes et avec surtout le respect de l’humain et de son histoire. Ce n’est pas le genre de gars à se la jouer reporter cycliste car il ne l’est pas, du moins pas encore. Pas le genre de « sale gosse »  à jouer des mécaniques en se pétant des selfies à longueur de journée avec un melon digne d’une diva.  Son pain noir, il en a bouffé aussi, dormi dans des endroits impossibles pour pouvoir capter l’aventure de ces championset du même coup son aventure.

Six mois plus tard, le voilà embarqué sur le Tour de France à nos côtés. La chaîne nationale irlandaise TG4, qui retransmet en direct la grande Boucle sur la verte Erin, avait succombée à la manière de travailler du gamin.  Fallait vraiment faire un bon job pour plaire à ces Irlandais et Anglais qui n’accordent que peu de confiance sinon qu’aux leurs, alors imaginer un « frenchie »!  À 17 ans, il avait déjà prouvé qu’il le pouvait. Des piges sur différents sports dans le journal local « l’Écho de la Presqu’île » et notamment le foot, son premier amour. Puis des articles et des photos pour l’un des plus grands magazines de surf en Europe, Surf Session. Voilà ce qui plaît à ce jeune, l’aventure humaine avant tout et qu’importe le sport. Il aura interviewé Cadel Evans, Dan Martin, Sam Bennett, Stephen Roche avec un anglais parfait mais pour lui, c’est du même acabit que les champions amateurs qu’ils réalisent tout au long de la saison. Ces hommes sont tout autant méritant à ses yeux et aux nôtres. Le voilà devenu un  » Be Celt ». On vous l’a dit, c’est l’humain qui plaît au gamin, pas la « star ». Certains le trouvent parfois trop jeune et donc forcément incompétent (on a toujours été doué en France pour détecter les jeunes talents, c’est connu !) mais il n’en a que faire. Il poursuit son bonhomme de chemin, sans casquette vissé sur sa tête de caboche, il n’appartient à personne sinon qu’à l’avenir.

Preuve en est, le voilà appelé par le magazine Surf Session pour trois mois, afin d’aller voir dans le monde comment tourne la planète surf. À son retour, il repartira avec les médias Anglais et Irlandais pour son 2ème tour de France. Entre temps, le team Armée de Terre fera appel à lui pour des vidéos et des interviews faites par ce bonhomme tout juste haut de 18 ans. Lui comme les autres font partie de ces jeunes qui sont aussi l’avenir de notre sport, ces témoins passionnés de cette future génération de champions sportifs. À défaut d’être dans le journal de Claire Chazal, ben notre Camille,  tu seras sur le nôtre de Be Celt, tant tu nous apportes un peu de fraîcheur au sein de cette rédaction de  » vieux cons » ! Et pour tous ces jeunes qui suivent notre sport en attendant « The » photo pour leur article, on vous dit: « Regardez l’horizon à vos yeux d’enfant, ne lâchez rien, ne changez rien,  on compte sur vous. »

Crédit photo: Cistac Photographie


Camille Le Saux, tu étais inconnu dans le cyclisme il y a 18 mois, aujourd’hui tu travailles sur de belles courses et pour des médias internationaux, racontes-nous ton aventure..

Camille Le Saux: « Ça fait un moment que je songe à être journaliste, depuis mes 14 ans. À l’époque ça restait assez vague, et j’ai eu la chance de faire un stage à France Télévisions en 3ème. En terminale je me suis réellement impliquer dans différents projets. J’ai réalisé pas mal de stages, dont certain ont eu une suite comme à l’Écho de la Presqu’île (Presse locale) où je suis correspondant. Puis à la même période, j’ai commencé à traîner sur des courses avec Be Celt et certains médias Anglais et Irlandais. Pour faire de la photo mais surtout écrire. De niveau amateur pour commencer, jusqu’au Tour de France l’été dernier. Tout est allé très vite. »

« Maintenant le plus gros reste à faire, j’ai encore tout à prouver.. »

Le journalisme, une passion ?

Camille Le Saux: « Complètement. J’y ai déjà mis un orteil et je compte bien aller jusqu’au bout. C’est un métier magnifique, ta vie est faite de rencontres, de partage et de voyages. J’en rêve depuis un petit moment de tout ça, et puis j’ai eu la chance de pouvoir m’y lancer. On pourrait parler de chance, mais je préfère le mot réussite. J’ai rencontré les bonnes personnes au bon moment, celles qui m’ont fait aimer ce métier, qui m’ont fait confiance et qui m’ont laissé jouer ma carte. Mais maintenant le plus gros reste à faire, j’ai encore tout à prouver. »

Photo Cassandra Donne

Initialement, tu n’es pas issu du vélo. Comment es-tu arrivé dans ce sport ?

Camille Le Saux: « C’est étrange oui, alors que mon père en a fait pendant plus de 20 ans et que c’était un bon coureur de 3ème catégorie. Moi à l’époque, je n’avais que le foot en tête. Sûrement pour faire comme les copains. Et j’en ai fait pendant 12 ans ! C’est relativement tard que je me suis intéressé au vélo, jusqu’à en tomber amoureux. »

Ton jeune âge est-il un problème ?

Camille Le Saux: « C’est difficile de se faire une place dans ce milieu. Mais dans le cyclisme, on accepte les jeunes. Avec les coureurs ce n’est vraiment pas un problème, chez les amateurs comme chez les pros. L’âge ne fait pas vraiment de différence, le plus important c’est le travail derrière. Après, où ça bloque, c’est au dessus. Il m’est arrivé, comme l’an passé sur le Grand Prix de Plouay, de ne avoir le droit d’être accrédité car j’étais trop jeune. J’ai trouvé ça assez dommage de s’arrêter à ça. Il faut être crédible, si les gens ne te connaissent pas personnellement, ils te découvrent à travers ton job. »

Ta passion entre le surf et le cyclisme ?

Camille Le Saux: « Joker (rires) ! Ce sont deux disciplines très distinctes mais qui se ressemblent sur certains points. D’un côté comme de l’autre, tu ne retrouves pas de simples pratiquants qui aiment simplement aller rouler ou surfer, une communauté s’est bâtie autour. Le surf comme le vélo, ce n’est pas qu’un simple sport. Et puis, c’est une question d’évasion. »

Sur le Tour de France ‘Photo par les « vieux » de Be Celt !

Qu’est ce qui te plaît le plus dans ce métier ?

Camille Le Saux: « Raconter, même si ça fait un peu cliché, mais raconter est un art. Le papier où j’ai pris le plus de plaisir à écrire, ça a été de faire le récit d’un surf-trip qu’on a fait avec quelques potes en Espagne l’été dernier. Il est paru dans Surf Session d’ailleurs ce récit. Après forcément, là encore c’est ultra cliché, mais c’est de voyager. Il y a pleins de bons côtés. Tu en apprends tous les jours, tu es amené à partager l’information à ta façon.. Tout ça me plaît. Après il ne faut pas non plus tout idéaliser, c’est un métier de sacrifices. »

Tes références ?

Camille Le Saux: « Je n’ai pas de références au sens propre du terme. Même si j’admire le travail de plusieurs journalistes, et j’apprend d’eux. Comme Philippe Brunel du quotidien l’Équipe, qui a vraiment une belle plume. Ensuite je dirais Nicolas Geay. Je le trouve excellent, dans la justesse de ses propos et de ses analyses, mais surtout dans sa faculté a réaliser de bons reportages. Tout récemment il a fait un mini-documentaire sur Peter Sagan. Pour pouvoir ouvrir les portes de son royaume, il faut avoir une sacrée renommée. »

JAV

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